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La ferme comme lieu de reconstruction de soi pour des jeunes

Bel exemple d’éducation à la sécurité alimentaire au Canada : “Une ferme à Winnipeg aide à développer l’estime de soi des adolescents”.

ici.radio-canada.ca – Depuis une quinzaine d’années, le personnel et les bénévoles de Fort Whyte Farms utilisent des activités liées à l’agriculture urbaine durable pour développer la confiance et les compétences en leadership des jeunes marginalisés du centre-ville de Winnipeg.

Les élèves de l’école secondaire Children of the Earth font partie de huit groupes de jeunes de trois divisions scolaires de Winnipeg qui participent au projet. Selon l’aide-éducatrice qui les accompagne, Aimée Guiboche, cette école participe au programme de la ferme Fort Whyte depuis une dizaine d’années.

« Ça nous fait du bien de sortir du centre-ville, explique Mme Guiboche. Plusieurs jeunes n’ont pas l’occasion de se promener en campagne. Ici, c’est tranquille et relaxant et ils apprennent au sujet des plantes et des animaux de la ferme. »

Au cours de six mois, une équipe d’éducateurs dont fait partie Sara McIvor-Prouty accueille des groupes d’adolescents des quartiers défavorisés de la ville à FortWhyte Farms. Les jeunes visitent une fois par semaine la ferme urbaine située dans le sud-ouest de Winnipeg.

« Nous avons une approche très interactive. Ils participent directement aux activités de la ferme, explique Mme McIvor-Prouty. Il y a également de courtes présentations plus didactiques, mais on s’assure qu’ils ont quelque chose à manger, en plus d’une présentation visuelle qui touche directement le sujet de la rencontre. »

La ferme possède et exploite une serre solaire passive de 185 mètres carrés construite en 2008. Elle sert de modèle pour éduquer les jeunes au sujet de la sécurité alimentaire, la réduction de la consommation d’énergie et l’utilisation de designs solaires passifs.

Au printemps, les élèves aident à semer plus de 10 000 petits plants. La ferme pratique une approche holistique en cultivant des graines de semences canadiennes sans utiliser de produits synthétiques, de produits chimiques, d’engrais ou de pesticides.

Dès que le temps se réchauffe, les pousses de légumes et d’herbes sont plantées sur un demi-hectare de terrain sur la ferme ainsi que dans les jardins de FortWhyte Alive, le centre éducatif pour l’environnement.

« Parfois, il est difficile de convaincre les élèves de participer à ce programme, mais on leur fait savoir qu’il est impossible de dire qu’on n’aime pas quelque chose sans l’avoir essayée, explique Mme Guiboche. En plus, quelle bonne façon de passer deux heures d’école. »

Les jeunes participent aussi à l’élevage des lapins et des poules.

La ferme fait partie du projet d’agriculture soutenue communautaire (ASC) qui permet au public de venir chercher des paniers d’aliments biologiques, de visiter le bétail, les poules et les lapins de races patrimoniales.

Selon les éducateurs, c’est en respectant l’approche « de la ferme à la fourchette » que les élèves apprennent l’importance de savoir d’où proviennent les aliments. Ainsi, chaque semaine, avec l’aide de bénévoles comme Marsha Wilson, les participants préparent des recettes en utilisant les produits de la ferme.

« Les élèves sont motivés, contents d’être ici et d’apprendre à cuisiner. Cette semaine, la recette était facile, mais la dernière fois nous avons préparé des burritos au bison avec des tortillas de maïs, précise Mme Wilson. Pour plusieurs d’entre eux, cette recette constituait leur premier repas de la journée. »

Durant les mois d’été, le projet récompense certains jeunes qui ont participé au programme en les employant à la ferme dans un poste rémunéré à temps plein.

« Nous offrons un emploi aux jeunes qui ont démontré un intérêt aux tâches de la ferme, explique Mme McIvor-Prouty. Nous ne choisissons pas nécessairement les plus extrovertis parce que nous croyons que ces jeunes-là vont finir par se débrouiller dans la vie. Nous cherchons plutôt ceux qui manquent de confiance, mais qui vont réellement profiter de l’expérience. »

Un texte de Christine Gosselin

Source : ici.radio-canada.ca

Précisions complémentaires / Légendes photos : Radio-Canada – Tous les animaux de FortWhyte Farms sont élevés humainement sans antibiotiques, sans hormones ou sous-produits animaux.

Une fois par semaine, par l’entremise d’expérience pratique, les participants au programme scolaire de FortWhyte Farms découvrent l’agriculture et les valeurs de l’autosuffisance individuelle et communautaire.

Le programme agricole de FortWhyte Farms est adapté pour les jeunes du niveau secondaire.

Un groupe d’élèves écoute une présentation au sujet des plantes et des graines cultivées de façon naturelle à FortWhyte Farms. Ils apprennent comment le centre respecte les normes biologiques canadiennes.

« Il faut beaucoup de concentration pour semer de très petites graines. Certains jeunes sont patients et d’autres décrochent après quelques minutes », explique Heather Skrypnyk, une universitaire qui travaille dans la serre.

Les surplus de plants qui ne sont pas plantés à Fort Whyte sont offerts aux jardins communautaires du centre-ville de Winnipeg.

Afin de ne pas nuire à la biosécurité et à la viabilité du bétail et des plantes, tous les participants doivent chausser des bottes fournies par FortWhyte Farms. Chaque personne doit les rincer dans l’eau javellisée avant de visiter les poules et les lapins.

Les étudiants de l’école R.B. Russell Vocational High School de la Division scolaire de Winnipeg aident à nourrir les lapins en leur fournissant de la laitue de la serre.

Sara McIvor-Prouty vérifie que les poussins de races patrimoniales sont bien en santé dans le poulailler de FortWhyte Farms.

Les étudiants de Children of the Earth High School préparent des céréales de granola et de miel provenant des produits de la ferme. Le surplus sera vendu dans la boutique de FortWhyte Alive.

« Les biscuits que vous mangez sont faits de carottes, de graines de citrouille, de farine, de miel et d’oeufs provenant de notre ferme », souligne Debbie Thiessen, l’une des éducatrices de FortWhyte Farms.

Alors, à nos bêches et nos fourchettes. Qu’est-ce qui nous empêche de créer des fermes pédagogiques dans nos quartiers pour apprendre l’autonomie alimentaire à nos jeunes tout en les aidant à leur redonner confiance en eux ? Qu’en dites-vous ?

On en parle au sein du groupe Autonomie Alimentaire 2020.

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