Méthode

 

Phasage – Voici un schéma de phasage des étapes pour tendre vers “l’autonomie alimentaire des villes à l’horizon 2020”. Après DEMAIN, Le Film, on fait quoi ? Quand on est arrivé à l’étape 5 des Incroyables Comestibles, comment peut-on faire pour capitaliser sur l’expérience de Todmorden, Leeds, Bristol, Totnes, Detroit, Albi et Rennes, villes déjà en marche.

Comment s’y prendre concrètement avec les apports de l’agriculture urbaine de 3e génération, de la permaculture et de la permathérapie durant les 4 prochaines années pour rendre possible l’autosuffisance alimentaire du territoire par la convergence citoyenne multi-acteurs ?

L’agenda des 21 actions apporte une vision assez pragmatique. Cependant la complexité des processus divers peuvent être  relativement simplifiée par la proposition du phasage suivant :

Étape 1 – Information et sensibilisation. Cette première étape est prévue de durer environ 3 mois

Lorsqu’un territoire n’est pas encore sensibilisé à la question de l’autonomie alimentaire, il convient de lancer une campagne de communication et d’information sur l’enjeu que représente la sécurité alimentaire en matière d’approvisionnement, de stocks, mais aussi des modes de production qui portent atteinte à la santé des sols et des êtres humains. Elle peut démarrer par l’organisation d’une projection – débat du film documentaire DEMAIN, suivie d’un ensemble de films en créant le Festival ALIMENTERRE. On trouve pour le faire, de nombreuses programmations proposées sur le site internet de ce festival en lien ici. 

Ce qui importe pour cette étape, est d’envoyer un signal fort et clair à la population :
– soit par la collectivité locale qui a décidé de s’engager sur la voie de l’autonomie alimentaire en associant la participation citoyenne,
soit par des collectifs de citoyens ou d’associations qui décident de s’unir dans une démarche de transition et de conduire par eux-mêmes cette campagne de sensibilisation avec des outils en open-source entièrement gratuits, ne nécessitant pas particulièrement de budget ou de subvention.

Pour réussir la transition vers l’autonomie alimentaire, il est fondamental d’associer les écoles de sorte à proposer aux enfants des actions pédagogiques d’apprentissage du jardinage dès le plus jeune âge et ce, tout au long de la scolarité. Par ailleurs, si aucune action d’agriculture urbaine n’a encore démarré, c’est l’occasion de lancer le mouvement participatif citoyen des Incroyables Comestibles.

A la fin de cette étape de sensibilisation, il est possible d’organiser une déclaration d’acte engagement de la collectivité publique sur la voie de l’autonomie alimentaire avec l’agenda 21. Vous trouverez de nombreux exemples d’autres communes sur ce blog.

Étape 2 – la communication chemin faisant

Comme on peut le voir sur le schéma, l’étape 2 que nous appelons chemin faisant, se déroule en continu du début à la fin du calendrier. Cette communication régulière a pour but d’expliquer les enjeux de l’autonomie alimentaire, de montrer les solutions, et de rendre compte des réalisations et des avancées du programme avec l’ensemble des acteurs. Il est évident que cette étape voit l’association de la presse aussi bien écrite que les radios et télévisions, ainsi que les réseaux sociaux comme facebook. Pour être efficace dans la durée, il est intéressant de mettre en place un dispositif  de suivi et d’évaluation pour mesurer la progression avec des indicateur de résultats quantitatifs et qualitatifs.
Cette étape de communication est alimentée aussi bien par les citoyens en actions que par les media. Elle est source de stimulation et de joie.

Étape 3 – L’engagement individuel. Elle est prévue de durer 6 à 9 mois.

Cette étape permet d’associer progressivement les habitants à partir de leur vie quotidienne. Il est possible d’imaginer une structure permanente d’exposition pédagogique dans le hall d’entrée de la mairie par exemple avec une communication dynamique et ludique pour montrer les nombreuses entrées par lesquelles les familles peuvent participer à la démarche : les ateliers famille presque zéro déchets, le travail sur soi avec la permathérapie au cours de séances proposées par des thérapeutes holistiques, les activités d’initiation à la permaculture, à la reproduction des semences… Se référer aux actions figurant dans l’agenda 21.

Notre site internet accompagne cette étape d’engagement individuel par des actions pédagogiques concrètes qui sont filmées et diffusées sur la web TV du site au fur et à mesure de leur création.

Étape 4 – La création de circuits courts. Elle est prévue de durer environ deux ans.

Cette étape est le temps de la création des coopérations directes entre les producteurs et les consommateurs. C’est la construction des partenariats multi-acteurs. Elle nécessite l’implication pleine et entière des collectivités locales pour rendre possible la reconversion des terres en fermes urbaines et périurbaines pour approvisionnement en circuit court. Là encore, cette étape est enrichie et illustrée au fur et à mesure, par de nombreux exemples qui se déroulent au sein des 1200 villes dans lesquelles l’agriculture urbaine a démarré

Au cours de cette étape, il est nécessaire d’aller à la rencontre de toute la profession agricole du territoire pour écouter ses besoins, ses problèmes, ses souffrances mais aussi ses projets, ses idées et ses ambitions. Il s’agit de créer un processus de co-création et d’entraide pour rendre possible cette transition d’un monde séparé par la compétition vers un nouveau monde relié et interconnecté dans des rapports pacifiés de coopérations éthiques et solidaires. Il s’agit là d’une refondation quasiment complète de nos pratiques de production et de consommation de ces 60 dernières années. Comme on a pu le voir dans le film DEMAIN au travers des expérience de Détroit, Todmorden ou de la ferme du Bec Hellouin, de nombreuses solutions inédites existent. Ce site : autonomiealimentaire.info accompagne ces changements tout au long des étapes de transformation, afin de vous montrer les solutions innovantes qui s’engagent ici et là d’une vile à l’autre et d’une région à l’autre.
D’ores et déjà, il est possible de témoigner que ces solutions sont très nombreuses et très efficientes. C’est encourageant pour les communes qui débutent dans la démarche car elles pourront bénéficier des expériences de celles qui ont déjà commencé le chemin.

Par exemple, on découvrira l’expérience réussie des placettes de compostage dans la ville de Mâcon associées à des bacs de nourriture à partager dans différents quartiers avec la mise à disposition d’un maître composteur pour former les habitants au recyclage de leurs déchets végétaux. Comme vous pourrez le voir c’est beau, efficace et convivial. Ou encore sur la généralisation des grainothèques et de toutes les actions de reproduction des semences par les enfants dans les écoles mais aussi par les habitants eux-mêmes impliqués dans le jardinage ou l’agriculture urbaine. Il est impossible d’imaginer l’accès à l’autonomie alimentaire sans la libre reproduction des semences. C’est pourquoi nous allons proposer des initiatives avec les enfants dans les écoles, de sorte à ce que chacun puisse disposer et apprendre à constituer sa propre grainothèque pour toute la vie.

Étape 5 – La régénération du territoire. Elle est prévue de durer environ douze mois pour nous conduire à 2020.

L’objectif est d’arriver à 80% de notre alimentation fournie en bio, par le territoire proche et 20% par le commerce équitable, le tout 100% éthique. C’est effectivement en faisant le choix conscient de manger local et bio qu’il sera possible pour les habitants de tendre vers l’autonomie alimentaire à l’horizon 2020. La démarche ne vise pas à atteindre 100% de l’alimentation locale et bio à cette date. Il s’agit de se mettre en marche dans cette direction, c’est ce qui compte afin d’inverser le processus pour passer d’une offre mondialisée à une demande localisée par une production respectueuse des équilibres de la vie.

Cette étape est appelée régénération du territoire car le constat est fait qu’il n’y a quasiment plus de vie dans les sols agricoles sur l”ensemble du territoire français après 60 ans de pratiques agro-industrielles. Pour changer de modèle et passer d’un système de dégradation à une société d’agradation, de régénération, il y a lieu d’associer directement la population pour atteindre une masse critique d’engagement du public.

La pratique de l’agriculture urbaine de 3ème génération en mode open-source constitue un moyen peu cher et très efficace pour végétaliser les villes en s’appuyant sur la participation citoyenne. Associer c’est responsabiliser. De plus en plus de villes en France, ont mis en place des programmes incitatifs de végétalisation voire même, de transformation de l’espace public en paysages nourriciers. Nous présentons régulièrement de nombreux cas dans les actualités du site. Parmi les actions majeures de cette étape 5, il y a la préemption et le rachat par la collectivité, des surfaces agricoles utilisables pour mettre les terrains à disposition de micro-fermes urbaines de maraîchage en permaculture bio. Il est possible de prendre connaissance de cet exemple qui réussi à la ville d’Albi. Vidéo ci-dessous.

Avec les habitants il est possible d’envisager par la participation citoyenne organisée quartier par quartier, voire rue par rue, un réaménagement urbain en paysage nourricier avec restauration de la biodiversité des essences végétales indigènes du territoire. Il est vivement recommandé de faire appel à des réseaux d’acteurs disposant déjà d’expériences de régénération des territoires tels que Fermes d’avenir, Réseaux de Cocagne, Terre de liens, ou réseau des AMAP.

Par ailleurs, il est intéressant d’observer l’efficacité des méthodes utilisées en permaculture pour la régénération des territoires, à savoir que faire du problème la solution, transformer le déchet en ressource.

Ainsi, les villes ou les quartiers défavorisés peuvent devenir des lieux de reconstruction de soi grâce à l’action participative de l’agriculture urbaine.

Nous observons le cas de Loos-En-Gohelle où une micro ferme urbaine de Cocagne est créée en pleine ville avec un volet social innovant dans le but de réinsérer des populations en difficulté. L’expérience montre qu’il est préférable de multiplier les petites actions en réseau telles que les micro-fermes dans un tissu dense et diversifié que de réaliser des grosses actions centralisées qui appartiennent à l’ancien modèle du passé. Le temps est venu de réaliser des actions simples, belles, joyeuses, légères et participatives pour donner envie aux gens de se reconnecter avec la terre nourricière de sorte que l’alimentation saine, vivante et locale devienne l’affaire de tous.

Vidéo ville d’Albi