Accueil La Permathérapie PERMATHERAPIE – « Juger sépare et divise, aimer rassemble et unifie »

PERMATHERAPIE – « Juger sépare et divise, aimer rassemble et unifie »

Billet n°16 – On ne peut juger et aimer –

Après avoir fait le parcours des vertus de la noble tache du travail sur soi et quelques semaines de pause, je vais maintenant me laisser guider par le courant de la vie, en tirer quelques enseignements, et les partager avec vous.

Il y a peu, j’ai été témoin d’un auto-sabordage d’un vieil ami, charmant au demeurant, lors d’un repas entre amis organisé chez nous.

Complètement enfermé dans son activité mentale et conséquemment dans son activité émotionnelle, il voit la réalité d’une drôle de façon.

Sa vision de la vie, ou plutôt l’idée qu’il se fait de la vie, le pousse à tout juger, mais vraiment tout. Cependant, ses jugements ne portent en aucune manière sur la valeur de ce qui est jugé car il ne donne pas d’appréciation du genre, c’est bien ou c’est mal. Non, son jugement le pousse à tout catégoriser.

Les échanges avec lui sont devenus franchement impossibles, pourquoi ?

À partir du moment où il m’a classée, ainsi que les autres amis convives dans une catégorie et qu’il le croit fermement, alors toute explication, justification lui démontrant qu’il est complètement dans l’erreur, le met dans un état émotionnel le faisant sortir de ses gonds et l’amenant à se retirer, croyant fermement qu’il est un incompris.

Le jugement relève d’une limitation du champ de vision ouverte à la différence et à l’inattendu.

Voici quelques exemples simples des types de jugements qui ne présentent d’ailleurs aucun intérêt, que j’ai entendus de cette personne et que j’ai retrouvés dans bien d’autres conversations : « Tu ne peux chanter du jazz et de la musique classique, c’est incompatible ; une femme de couleur ne peut pas chanter du classique, c’est incompatible ; ta religion et la mienne sont différentes alors tu ne peux pas me comprendre ; l’amour entre un homme et une femme ne marche pas, je n’y crois pas, donc ce que vous vivez n’est pas réel ; le parti politique untel est le meilleur pour rétablir la situation… etc… etc… ». Ces exemples ont été réellement prononcés devant moi.

Mon ami ne voit pas qu’il est le créateur de toutes ses colères et ruptures amicales au moment où il le fait.

Alors, intérieurement je l’ai remercié, car j’ai vu la manifestation du jugement à l’œuvre qui m’a conduite à formuler cette phrase simple.

On ne peut juger et aimer.

Le jugement est une catégorisation, il crée une séparation, un enfermement, ne permet pas à l’autre d’exister dans toute ses dimensions, ne permettant pas de lui montrer la richesse de ses différences.

Je jugement limite l’écoute offerte à l’autre.

Le jugement est simplement une comparaison des informations que je reçois avec ce qui m’est déjà connu.

Peut-être n’avez-vous jamais réalisé que juger c’est comparer ?

Il me paraît que changer le mot jugement par comparaison est plus neutre émotionnellement et me montre que pour comparer il faut deux termes de comparaison. Tandis que dans le jugement on se contente de dire c’est bien ou c’est mal, je suis d’accord avec ça ou pas, ceci est assez binaire somme toute.

Lorsque je compare, je dois m’attacher à observer les deux termes de la comparaison. Ce serait très pertinent de me poser la question suivante, je compare par rapport à quoi ?

Le premier terme de la comparaison me semble évident puisque c’est l’objet qui a mis en route mon mental, quant au second, je n’en ai absolument pas la moindre idée, je n’y pense pas, je n’en ai pas conscience.

Le second terme de la comparaison s’appuie sur un référentiel qui n’appartient qu’à moi, qui m’est unique et qui s’est construit pas à pas depuis mon arrivée sur Terre, à partir de la place unique que j’occupe et pourtant que je connais mal, sur lequel je ne me suis jamais vraiment penché.

Si je suis extrêmement limité dans ma connexion au Tout, cela a pour conséquence qu’en fait je ne sais rien, et donc ma comparaison à partir de ma petite sphère est complètement erronée.

Allez chercher en soi ce à quoi je compare, constitue une ouverture de conscience et m’invite à partir à la découverte de qui je suis, qui constitue d’ailleurs un bien vaste monde ; dit autrement, m’invite à une sortie de l’état de non-conscience, que je qualifierai de subconscient, c’est-à-dire sous-conscient, qui permettra d’aller voir en toute objectivité et discernement, à quel référentiel qui m’est propre, je compare.
Alors la limitation, ou encore mon ignorance d’autres choses que je n’ai pas encore rencontré, doit être vue, lâchée, m’ouvrant ainsi à l’accueil de l’originalité, de l’inattendu, et d’arriver ainsi à aimer l’autre sans jugement.

Si j’ai reçu ce cadeau ce soir-là, c’est-à-dire une sortie fracassante en cours de repas de notre ami commun, jetant un sacré froid à la soirée organisée chez nous, c’est probablement que j’avais besoin de bien voir en moi que le jugement émanant de l’autre ne concerne que lui, que c’est sa façon à lui de voir, et comme j’étais inébranlable, c’est-à-dire sans émotions, sans affectations, mais plutôt dans la compassion de sa souffrance intérieure, et que j’avais vu cela, la seule possibilité pour ce malheureux ami a été de disjoncter et de partir, en laissant ses amis et la soirée.

Aimer les différences, aimer sans condition en portant un regard accueillant, ça ne doit pas être si difficile et pourtant…

Il est temps de s’y mettre.

Alors je vous propose d’échanger le jugement, par la curiosité et l’observation et bien sûr la bienveillance.

Sabine Becker

4 juillet 2016

Crédit photo : L’harmonie et la sérénité s’élève au-dessus des tourments. Site web http://www.science-et-nature.com/2013/01/proverbes-citations-bonheu…

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