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PERMATHERAPIE – Lorsque l’amour de soi mène à la paix –

Billet n°22 – Comment distinguer l’amour de soi de l’égocentrisme ?

C’est une question qui m’est souvent posée comme une affirmation, « s’aimer soi-même n’est-ce pas de l’égocentrisme ? ».

Je vais étudier cette question en deux temps.

      1) « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

N’avons-nous pas entendu plusieurs fois ce commandement ?
Lorsque j’étais petite, pour ma part, je l’ai souvent entendu.

Bien-sûr, me paraissait-il important à l’époque, d’aimer son prochain, car petite fille, je reconnais que j’avais plutôt des récriminations envers mes frère et sœurs, mes petites amies, les garçons de l’école, mes parents ; j’avais plein de rejets vis-à-vis de ceux qui « m’embêtaient », alors je trouvais normal que l’on me rappelât à l’ordre d’aimer mon prochain plutôt que de me venger.

Par contre, j’avais plus de mal avec le « comme toi-même ». C’est-à-dire que je comprenais que je devais aussi m’aimer comme je devais aimer mon prochain, le « comme » je le comprenais de la même façon.

Cependant, je n’avais alors, aucune notion de ce que c’était que de s’aimer soi-même.
Ainsi, pendant longtemps, le second terme du commandement restait flou pour moi. Je comprenais à ma manière, que je ne devais pas plus m’aimer que mon prochain, c’est-à-dire prendre toute la part des gâteaux, partager, être gentille.
Eh bien, j’avoue que ce n’était pas évident pour la petite fille que j’étais de partager avec ceux qui m’énervaient.
En final, c’était contrainte que je pratiquais « ne pas s’aimer plus que mon prochain », c’est-à-dire pour moi, ne pas prendre plus que lui. J’étais là assurément, assez loin de l’amour pour soi.

Une autre interprétation m’est venue plus tard que je transcrirais comme ceci, en inversant les termes de la comparaison : « de la manière dont tu t’aimes, tu aimeras ton prochain ».

Et là, je trouvais que cela changeait tout.
Ce qui veut dire que la manière dont je m’aime, influence la manière dont j’aime mon prochain.
J’ai ressenti cela comme une grande responsabilité qui m’incombait.

De la manière dont je m’aime dépend l’amour que j’ai pour l’autre.

Alors, j’ai fouillé cette nouvelle approche de ce qu’était un commandement autrefois assez flou pour la petite fille que j’étais (vous aurez compris que j’avais appris ce commandement au catéchisme) et qui est devenu un travail intérieur d’observation.

Et qu’ai-je découvert ? Que finalement, je ne m’aimais pas vraiment, cependant que j’avais beaucoup d’amour en moi à donner aux autres.

En effet, cet amour donné, je l’éprouvais en tant que mère, épouse, sœur, fille, amie, aussi vis-à-vis des personnes avec lesquelles je travaillais, ainsi qu’au travers d’actions associatives et d’engagements.
Oui, me semblait-il, j’aimais mon prochain.

Comment voyais-je que je ne m’aimais pas, et cela influait-il sur l’amour donné aux autres ?

Je dirais d’abord que j’ai commencé par chercher à voir ce qui m’empêchait de m’aimer, puis de voir ainsi en quoi, ce que je croyais être de l’amour pour mon prochain, ne l’était peut-être pas bien souvent.

J’ai vu, en premier lieu de manière flagrante, ce qui m’empêchait de m’aimer : le jugement.
Avant toute chose, le jugement de mon aspect physique, le regard porté sur moi comme un censeur avec des pensées systématiques – tu es trop grosse, tes cheveux sont plats, ta peau a des défauts … Puis des pensées sur mon comportement – tu n’y arriveras pas, tu es nulle, merde j’ai loupé…

Puis, j’observais ce que je pensais des autres et j’ai vu aussi le jugement de leur aspect physique, de leur façon de s’habiller, de leurs opinions, de leur façon de raisonner, d’être… bref rien qui ressemble à de l’amour, pourtant je croyais bien les aimer.

Puis, j’observais mes réactions émotionnelles lorsque je jugeais l’autre et je remarquais que je m’énervais, m’ennuyais, m’agaçais, m’impatientais, la relation à l’intérieur de moi n’était donc pas harmonieuse, même si je m’occupais d’eux, comme mes enfants ou mes parents, même si je les recevais à dîner car ce sont mes amis, même si je pensais les aimer, je les observais toujours en les jugeant.
Ce jugement restait à l’intérieur de moi, dans ma sphère mentale et émotionnelle, il est invisible aux yeux des autres, mais me conduisait à des attitudes réactionnelles.

J’ai donc fait le parallèle entre ce que je pensais de moi de négatif, et ce que je pensais de l’autre de négatif. C’était comme un copié-collé.

Ce fut une découverte pour moi.

J’ai donc revu ma posture intérieure avant tout sur le jugement, ou encore mieux dit, sur la comparaison incessante entre mon référentiel mental et la réalité en face de moi.

L’ennui, c’est que chez moi, le jugement part plus vite que la vitesse de la lumière et pour récupérer le coup, faut faire tout un truc en soi.
En plus, j’ai remarqué qu’avec le jugement, aussitôt une émotion arrive, et là, ça complique encore plus ma tache.

Comme je vous disais, la colère, l’agacement, le désir, la frustration, la jalousie, l’envie, enfin tout plein d’états émotionnels qui n’arrangeaient pas ma gentillesse, même si à l’extérieur de moi, on ne voyait absolument pas ce qu’il se passait, car la pensée est tout à l’intérieur de soi, cependant que parfois « je pétais un câble », oui la colère devenait  visible, la frustration aussi, et là par exemple, c’était la visite dans le frigo pour manger n’importe quoi.

J’ai alors fait le lien entre l’amour de soi et l’amour de l’autre – complètement imbriqués.

J’ai donc fait le lien entre m’aimer et ne pas me juger,  il fallait donc arriver à m’aimer sans jugement.
Ainsi, lorsque je suis confrontée à quelque chose qui ne fonctionne pas dans une relation par exemple, eh bien je verrai simplement le manque d’amour que j’y aurai mis et pourrai rectifier dans l’instant.

          2) Suis-je égocentrique si je m’aime ?

Ensuite, je me suis demandée aussi, mais si je m’aime, d’accord je sais que cela va améliorer ma relation à l’autre, mais tout de même, ne suis-je pas finalement qu’une égoïste, une égocentrique comme on dit ?

Je suis allée chercher la définition de l’égocentrisme dans le dictionnaire.

« L’égocentrisme est caractérisé par une tendance à ramener tout à soi. Les égocentriques se focalisent principalement sur leur propre intérêt, considèrent leur opinion comme la plus importante et se voient comme la personne à suivre et à admirer. »

Bon, regardons de près – « L’égocentrisme est caractérisé par une tendance à ramener tout à soi ». Ramener à soi, ramener quoi à soi et pourquoi ? Si je veux ramener tout à moi c’est pour focaliser l’attention sur moi, que je sois regardé, non pas pour être critiqué, mais pour être admiré je suppose. « Tout » concerne aussi le matériel, la peur du manque qui exclut donc le partage. Ce qui dénote un grand manque de confiance en soi, un vide intérieur qui n’est pas vu, la peur d’être seul.
Il y a donc un vide en moi que je cherche à combler au détriment de l’autre. Et ce vide n’est-ce pas un manque d’amour vis-à-vis de soi ? Mais continuons.

« Focalisé sur leur propre intérêt », c’est quoi mon propre intérêt ? Posséder plus, avoir la meilleur part, la meilleure place, arriver le premier. C’est quoi qui motive cela ? J’en ai déduit que c’était une peur qui voulait être calmée. Peur de ne pas avoir assez, peur de manquer, donc probablement un manque de confiance en soi, qui va avec une mésestime de soi me semble-t-il. Hé hé, je reviens donc au manque d’amour de soi.

« Considérer leur opinion comme la plus importante ». Alors, peut-être que je suis égocentrique quand j’écris ces billets, peut-être décrivent-ils aussi mon opinion. Mais d’abord c’est quoi une opinion ?

Définition d’opinion. « Étymologie : du latin opinio, opinion, avis, idée préconçue, préjugé, conjecture, croyance, illusion. Une opinion est un avis, un jugement personnel que l’on s’est forgé sur une question ou un sujet en discussion qui ne relève pas de la connaissance rationnelle. »

Hou là, ça se complique.

« Conjecture, illusion, croyance », bref rien qui « ne révèle de la connaissance rationnelle ». Bon, si je m’attache à des opinions qui sont des illusions et que je veux les imposer à mon prochain, alors là, me semble-t-il qu’il y a un petit bout de chemin intérieur à faire pour avoir une connaissance rationnelle. Si je ne l’ai pas, alors j’utilise le subterfuge qu’est l’opinion, et si je l’impose, c’est par manque d’assurance me semble-t-il donc par mésestime de soi, ce qui revient au manque d’amour de soi.

« Se voit comme la personne à suivre et à aimer ». Alors celle-là je la trouve intéressante ; pourquoi je me vois comme une personne à aimer ? Pardi, parce que j’en ai besoin, si j’en ai besoin c’est que cela me manque pour diverses raisons (blessures profondes…). Si je trimbale des blessures profondes qui me poussent à me mettre en avant pour être aimé, il y aura alors certainement quelque chose à faire pour arrêter de polluer mon prochain.

Ce qui veut dire que je vais devoir me regarder, voir mes propres souffrances et dysfonctionnements et décider de les corriger, ce qui revient à prendre soin de soi, donc à s’aimer.

Ainsi, l’amour de soi entraine avant tout une pacification avec soi-même, limitant les différentes peurs sources de nombreux dysfonctionnements avec autrui.

Ainsi l’amour de soi n’a rien à voir avec l’égocentrisme qui est justement la manifestation inverse de l’amour de soi, c’est-à-dire le non-amour de soi, entraînant beaucoup de dommages autour de soi et donc pour soi.

La plus grande énergie est celle de l’amour, c’est la plus haute vibration de la création, c’est l’énergie de création, alors pourquoi aimer tout sauf soi, en vertu de quoi ?
L’amour inconditionnel est source d’harmonie universelle, étant inconditionnel il s’applique à tout, donc à soi et à ce qui est autour de soi.

Sabine Becker

Le 21 août 2016

Crédit photo: site web – Antelope Canyon. Navajo land, Arizona. http://www.worldfortravel.com/2014/06/01/the-radiating-antelope-can…

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