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PERMATHERAPIE – Verdict n’est pas vérité (1)

Billet n°29 – Partie 1 – Jugement et discernement : quelle est la différence ?

Poursuivons la Noble Tâche du travail sur Soi.

Les billets 27 et 28 avaient trait aux angles morts de la pensée. Nous allons ici approfondir la question du discernement. Pourquoi ? Car c’est un acte majeur pour notre alignement, pour nous centrer, pour vivre avec d’avantage de conscience, pour être libre de choisir, pour sortir de nos automatismes, des attitudes réactionnelles limitantes,  en nous permettant de démêler la vérité de la croyance et du mensonge.

Ah, mais me direz-vous : « c’est quoi la vérité ? Elle a fait l’objet de nombreux débats philosophiques depuis la nuit des temps ! La vérité est toute relative, ce qui est vrai pour l’un ne l’ai pas pour l’autre » ! Eh bien justement voilà le problème ! Ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas pour l’autre, alors comment savoir discerner la vérité ? Et ceci n’a rien à voir avec juger si ce que l’on nous dit, que l’on voit ou lit, est la vérité ou pas. Dès lors où nous disons « je crois que c’est vrai », alors nous devons aussitôt nous poser la question suivante : « pourquoi je crois que ceci est la vérité, je me fonde sur quoi ? Sur mon jugement ou sur mon discernement ? ».

Jugement = comparaison

Il est toujours jugé par rapport à quelque chose car dans un jugement il y a toujours un terme de comparaison qui doit être là. Il ne peut être jugé dans l’absolu. Juger revient à comparer puis à donner un verdict : conforme ou pas, bon ou pas bon, coupable ou non coupable, amusant ou triste, bien ou pas, admis à passer, admis à redoubler.

La comparaison  comporte deux termes qui dépendent d’un référentiel. C’est-à-dire ? Les deux termes de la comparaison sont complètement dépendants et issus du cadre politique et social, de l’éducation, de la religion, de critères admis par un grand nombre, ce qui crée une normalité, mais aussi et surtout par notre propre référentiel individuel. Et d’où vient-il celui-là ? De notre éducation, du cadre social, scolaire, de la culture familial, et en conséquence fondamentale, des imprégnations que nous avons reçues depuis notre enfance, puis de ce que nous en avons fait par le travail personnel sur soi réalisé ou pas, nous conduisant (ou non) à travailler le  discernement et donc à être conscient.

Ces imprégnations vont nous conduire tout au long de notre vie à connaître des états émotionnels de défense, de protection, de peurs, de croyance, de comportements propres à chaque individu, déclenchés de manière continuelle par le jugement. Je vous invite à lire la Noble Tâche en lien ici, qui explique le processus de la naissance des émotions ou bien tout autre ouvrage qui décrit les différents types ou caractères, les états psychologiques…

Les débats d’opinions ne sont pas de l’acquisition de connaissances.

Ainsi j’aime ou je n’aime pas, j’estime que je peux ou que je ne peux pas, je trouve que c’est trop ou pas assez, je préfère voter pour lui, je pense que mon opinion est la bonne parce que c’est bien de faire comme ça, de juger comme ça, de se comporter comme ça, etc. Il n’y a aucune vérité là-dedans, que du jugement complètement relatif, propre à chacun, à chaque culture, croyance, religion, système économique ou politique. Jugement assis sur des concepts qui sont très rigides.

Ainsi l’opinion se forgera-t-elle uniquement à partir du jugement que nous nous faisons d’une situation donnée, qui lui-même sera assis sur la manière dont il aura été vécu et aura généré les émotions. De fil en aiguille, chaque opinion trouve sa source dans une émotion ! Et donc les débats d’opinions ne mènent à rien, ils ne sont pas de l’acquisition de connaissances.

Comment sortir du cadre enfermant du jugement ?

Car vous avez bien remarqué que le jugement divise au lieu de rassembler. Se reporter au billet 16 – On ne peut juger et aimer, en lien ici. La division mène à la compétition, aux conflits, aux rancœurs, à l’injustice, au rempli sur soi… Nous l’avons bien vu lors des dernière élections nationales, il y a eu division entre groupes humains, des désaccords profonds et des semblants de consultations – semblants, vu le nombre des abstentions -, pour départager les candidats. Cela nous montre bien que le jugement n’est pas vérité, alors pourquoi jugeons-nous sans cesse ?

Pourquoi jugeons-nous sans cesse ?

C’est parce que notre mental ne se nourrit que d’informations venues du passé, comme on alimente un disque dur d’ordinateur. La mémoire s’empile en nous, avec des trous, des parties inconscientes, oubliées et à chaque instant, un système d’alerte contrôle si l’information nouvelle qui arrive est conforme et sans danger pour la survie du corps. Bon, ceci est un schéma bien sûr, mais cela revient à ça. La comparaison des données entrantes avec les données déjà engrangées, ainsi qu’avec nos suppositions, conjectures, rêves, désirs, est permanente et cette comparaison déclenche dans l’instant une émotion. Celle-ci va affecter le corps et donc le comportement par le biais de tout un système complexe d’hormones, de neurotransmetteurs qui va nous mettre en colère, nous serrer le ventre, nous faire déguerpir, ou au contraire nous jetez dans les bras de l’autre. Ainsi, vous l’aurez compris le jugement/comparaison est automatique, l’émotion arrive simultanément et nous voilà embarqué dans ce « toujours plus comme avant » et de pire en pire. J’en veux pour preuve l’état de la planète, de nos sociétés soi-disant civilisées, les dysfonctionnements majeurs  dans le respect du vivant.  Sachant cela, grâce à l’auto-observation, je vais pouvoir ralentir ces automatismes récurrents pour y voir plus clair à propos de soi.

Pourquoi ne déciderions-nous pas de ne plus juger ?

C’est une décision consciente, volontaire, voulue en conscience, c’est le point de départ. Si je suis convaincue par expérience observée que lorsque je ne cesse de juger, je mets en place beaucoup de barrières, de divisions, de prises de becs, je vais aspirer à vouloir me calmer, à trouver la paix à l’intérieur de mon être. Je vais, en conséquence prendre la ferme décision de ne plus juger en sachant qu’il s’agira d’un long parcours. Mais alors que faire à la place si je n’ai plus de jugement comme guidance ?

Faire appel à notre discernement.

C’est quoi le discernement ? Comment procède-t-on pour discerner ? Pourquoi ?

Nous répondrons à ces questions dans la partie 2 de ce billet 29.

 

Sabine Becker

9 août 2017

 

Crédit photo : site web https://pixabay.com/fr/chemin-de-fer-la-technologie-train-2100353/

 

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2 commentaires sur “PERMATHERAPIE – Verdict n’est pas vérité (1)

    1. Bonjour Noé. Oui, je “pense” que tu te trompes 🙂 Observes, si tu le veux bien, que tu as exprimé une opinion, car tu as l’opinion, tu estimes, tu penses, tu crois que je pense que juger n’est pas bien, or ce n’est pas le cas, je n’ai aucunement exprimé le côté bon ou mauvais du jugement. Je jugement est relatif, il sépare… lire la suite du billet. Est-ce que le fait de juger rend plus heureux, épanoui, fait grandir ? Constate les faits, uniquement les faits. Tu trouveras des réponses dans la partie 2 de ce billet. Ainsi, tu pourras choisir en conscience, en acquérant plus de liberté parce que tu auras vu que l’option jugement n’est pas si efficace que cela pour notre bienfait, pour développer notre plus grand potentiel. Ce sera ton expérience qui se fera dans le bon timing pour toi. C’est toute la subtilité de faire la différence entre appréciation et jugement. Lorsque tu apprécies ce qui est bon pour toi dans le sens de ton évolution et non dans la satisfaction d’un désir, tu seras alors guidé par cette appréciation car tu la vivras en ton sein. Je te remercie pour ta question qui me permet d’approfondir ce sujet. Belle quête.

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